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Un des très rares livres de la bibliothèque de la Reine Marie-Antoinette, en maroquin rouge à ses armes, encore en mains privées.
Peut-être le premier livre dédié à la toute nouvelle Reine.
Un ouvrage de defense de la foi chrétienne contre les dangers des philosophes des Lumières.
Un superbe exemplaire avec des provenances exceptionnelles.
HESPELLE Augustin (Abbé). (Neuville-Saint-Vaast 1731-1802)
"LA SEULE VERITABLE RELIGION, DEMONTREE CONTRE LES ATHEES, LES DEISTES ET TOUS LES SECTAIRES".
1774, Paris, Hérissant, Humblot et Delaguette.
2 tomes en 2 volumes in-8° (172x107 mm) (dimensions pages 166x97 mm)
I : XIX, (1) pp. (titre, dédicace et préface), 564 pp. (y compris la table des chapitres) ; II : 574 pp. (y compris le titre), (2) pp. (approbation et privilège).
(I : a10, A-Z12, Aa6 ; II : A-Z12, Aa12)
Reliure de l'époque en maroquin rouge. Triple filet doré d'encadrement sur les plats et armoiries dorées au centre. Dos à cinq nerfs avec décorations et fleurons dorés dans les compartiments, titre et numéros de tomaison en lettres dorées. Filet doré sur les coupes. Roulette intérieure dorée. Tranches dorées. Feuillets de garde en papier décoré.
Edition Originale, dédiée à la nouvelle Reine Marie-Antoinette (1755-1793).
Quelques légères usures aux coupes inférieures et à la coiffe supérieure du premier tome, tout petit manque de papier à l'angle inférieure du f. I1 du tome II, sans aucune atteinte au texte; mais superbe exemplaire en très belle condition, finement relié et conservé en exceptionnele état de fraicheur.
L'Abbé Augustin Hespelle (1731-1802) était un théologien et prêtre français, docteur en Sorbonne, connu pour ses écrits apologétiques au XVIII siècle, notamment contre le déisme et l'athéisme. Son ouvrage principal est "La Seule Véritable Religion démontrée contre les athées, les deistes & tous les sectaires" (1774). Il défendait la foi catholique contre les philosophes des Lumières et les publications d'Holbach.
Précieux exemplaire de dédicace aux armes de la Reine Marie-Antoinette.
Cet exemplaire fut présenté à Marie-Antoinette l'année de son ascension au trône et il s'agit même d'un des tout premiers livres reliés pour la jeune reine, ainsi que l'explique l'un de ses anciens possesseurs, le baron Double, dans le Cabinet d'un curieux : "Cet exemplaire offre cette particularité qu'il fut relié au moment même où Marie-Antoinette montait sur le trône. Le fer de ses armes, comme Reine, n'était probablement pas encore gravé, et le relieur a composé le double écusson royal, du moins l'écu d'Autriche, à grand peine, au moyen de petits fers d'armoiries séparés. Du reste, dans l'ouvrage même, la préface, qui était probablement adressée à la Dauphine, a été cartonnée et remplacée par une autre adressée à la Reine ; les premières lignes indiquent du reste suffisamment la cause de ce changement : <Madame, votre douleur est juste, les Français la partagent ; vous perdez un père : la France un roi!>. Le livre a donc paru au moment même de la mort de Louis XV".
"Dès l'arrivée en France de la jeune Dauphine, l'abbé Radonvilliers, sous-précepteur des Enfants de France, compose à son intention une bibliothèque ; la gestion en est confié à Jacob-Nicolas Moreau.
Devenue reine, Marie-Antoinette témoigne un intérêt réel pour ses livres et fait modifier à plusieurs reprises les lieux qui leur sont destinés dans ses appartements...
On trouve sur les étagères de Versailles tous les grands auteurs, les classiques latins et grecs comme les écrivains français et étrangers...
Les livres plus austères, moins goûtés par la souveraine, ne sont pas négligés pour autant : théologie... histoire... science... sont présents sur les étagères...
Les nouveautés sont achetées auprès des libraires parisiens ou versaillais, tel Pierre Blaizot, offertes par les délégations officielles ou présentées à la famille royale par leurs auteurs...
Excepté quelques cas exceptionnel, les livres de Marie-Antoinette à Versailles sont reliés à ses armes, sobrement mais richement, en maroquin rouge ou vert, parfois en veau, voir en carton moucheté pour les ouvrages plus légers, notamment à la fin du règne".
(E. Maisonnier, "Les lectures de Marie-Antoinette" dans "Les carnets de Versailles" du 17 avril 2020)
L'exemplaire figure au Catalogue de la bibliothèque de la Reine à Versailles, catalogue rédigé par Campan en 1781 (BNF manuscrit NAF 3209) et publié par Quentin-Bauchart (*). Cette importante bibliothèque comptait alors 460 ouvrages, "pour la plupart reliés en maroquin rouge à ses armes, avec de simples filets sur les plats" (Q.-B.). Bibliothèque de goût et de prestige, aux textes choisis, elle était distincte de l'autre bibliothèque de détente et de lecture, que possédait la reine à Trianon, plus modeste et dont les exemplaires étaient uniformement reliés en veau. En 1789, la bibliothèque de Versailles suivra la reine aux Tuileries (Armoire B, rayon III) avant d'être saisi en 1793 et aussitôt transportée en bloc à la Bibliothèque nationale. Elle comptait alors 1.371 titres, représentant 4.712 volumes, comme en temoigne un inventaire effectué en 1792, ce qui en faisait l'une des plus considerables du temps. Les livres de Marie-Antoinette sont ainsi de la plus grande rareté en mains privées et seules "quelques épaves - dit encore Quentin-Bauchart - en ont été recuillies avec respect dans des collections particulières".
Provenance :
Conservé dans la bibliothèque de la Reine à Versailles (Armoire CC, tablette I) cet exemplaire possède un impréssionant pedigree ayant figuré au XIX siècle dans les collections suivantes :
- Baron Pichon (1869, n° 85) ;
- Marquis de Ganay (1881, n° 45) ;
- Ernest Quentin-Bauchart (ex libris) ;
- Baron Double (ex libris ; l'exemplaire est décrit en 1892 au Cabinet d'un curieux et figure à la vente de 1897, n° 52) ;
- Merlin d'Estreux de Beaugrenier (ex libris) ;
- H. Le Fuel (ex libris).
Une note manuscrite à l'encre, au recto du dernier feuillet de garde, répertoire ces différentes provenances.
(*) Ernest Quentin-Bauchart, Bibliothèque de la Reine Marie-Antoinette au château des Tuileries, Paris, 1884. L'exemplaire est également cité dans les Femmes Bibliophiles, du même auteur, p. 235 n° 19 : "Jolis volumes, qui ont fait partie des bibliothèques du baron Jérôme Pichon et du marquis de Ganay".
(LCPCRELI-0022)
(PsD)

